Hollywood, nouveau doudou d’une génération paumée

Les sequels, remakes, adaptations et autres spin-off se multiplient ces dernières années. Un phénomène pas complètement nouveau mais qui en dit beaucoup sur le public.

Ce n’est pas récent, on sait depuis longtemps qu’Hollywood cherche à faire du profit sur ses gloires passées. Mais au-delà d’un manque de créativité que de nombreuses personnes pointent depuis le début des années 2000, on peut aussi y donner un autre sens.

Il est intéressant d’analyser la manière dont les gros studios réutilisent et vendent des œuvres passées. Rien que l’an dernier, de Jurassic World à Star Wars, les films appartenant à de vieilles licences ne manquaient pas.

Tout dans la communication et la réalisation des blockbusters récents est pensé pour titiller les fans. De l’utilisation de certaines musiques, la reprise plan-par-plan de scènes connues ou le retour d’acteurs des œuvres originales, l’important est alors de faire des clins d’œil au fan. De lui faire comprendre qu’on parle le même « langage » que lui.

 

giphyUn bon exemple avec Star Wars 7

Des œuvres adressées aux fans

Avec l’apparition d’Internet et des réseaux sociaux, les attentes et les retours des spectateurs peuvent être pris en compte. Il ne s’agit plus alors de prendre de risques.

Pas la peine d’apporter quelque chose de nouveau ou d’innovant. Le marketing donne au fan ce qu’il veut voir. On joue avec sa nostalgie même si cela doit donner des œuvres fades ou des ersatz de leurs prédécesseurs. Les conséquences de ce formatage et de cette auto-citation permanente sont connues depuis longtemps. En ne créant rien, le cinéma tourne en rond et c’est la mort progressive de l’imaginaire.

 

jp4.pngRéférences visuelles ou copier-coller ?

Retrouver les sensations du passé

Cette connivence qui apparaît alors se ressent jusque dans la promotion des films. Et quand, ce « contrat » entre le film et ses fans n’est pas respecté, le retour peut parfois être violent. Une attitude d’enfant gâté que le critique et créateur de l’émission Bits, Rafik Djoumi explique ainsi : « Au-delà des demandes militantes, il y a une attitude d’enfant-roi. Les fans estiment qu’ils ont des droits sur l’œuvre et réagissent violemment lorsqu’ils se sentent dépossédés de leurs doudous ».

Derrière cette réaction, on retrouve un comportement très enfantin. Ce besoin d’appropriation de l’œuvre par le spectateur s’explique par une peur de perdre les souvenirs et les sensations qui y sont associé. A la manière de l’enfant que l’on prive de son jouet, de son doudou sur lequel il peut exercer sa volonté et se réconforter.

À force de matraquage publicitaire et de marketing agressif, peut-être que le public lui-même finira par se lasser…

DB

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